Ichigo était blême… Son cœur cognait douloureusement dans sa poitrine. Ses mains tremblaient et étaient moites. Comment sa famille en était-elle arrivée là ? La voix d'Isshin venait de très loin et les mots s'embrouillaient dans la tête du roux. Il finit par reprendre une grande inspiration et observa le visage de son père sombrement.
— Donc, si j'ai bien compris… on te demande de fournir cinquante millions de yens (soit 378 000 €) dans trois jours pour régler cette affaire de remboursement de prêt ? Mais c'est complètement immoral ! Où vas-tu trouver cet argent ? Tu as tout investi dans la clinique ! Ils ne peuvent pas attendre non plus ? Nous n’attendons plus que le rapport d’expert pour…
— Je ne sais pas trop…
Isshin se grattait la tête et avoua :
— J'ai été voir votre grand-père maternel afin de m'aider à résoudre ce casse-tête, mais il a refusé net de nous prêter cet argent ! Quant à cette histoire d’expert… nous ne savons toujours pas quand ils rendront leur avis.
— Pourquoi ? s’énerva Ichigo. Une fois l'héritage dans notre famille, tu pourras rembourser tes dettes… Ils devraient pourtant avoir confiance…
— L'établissement financier est en faillite et il demande le remboursement de toutes les dettes. En plus, ton grand-père est borné ! marmonna Isshin. Il a certainement ses raisons.
— Je vais aller le voir ! Il ne peut pas nous laisser comme ça !
Ichigo était remonté. Pourtant, Isshin posa une main sur l'épaule de son fils pour le calmer.
— Ichigo… le problème du remboursement est le mien et tu n'as pas à intervenir. Je vous en parle uniquement parce que je vais devoir vendre la maison, si ça continue comme cela. Je suis au pied du mur et cela ne m'enchante pas plus que ça de t'en parler, à toi et à tes sœurs. Mais je ne peux plus cacher cette vérité plus longtemps.
Karin et Yuzu écoutaient gravement leur père. Ichigo observa sa mère et ses sœurs, qui avaient l'air effondrées par la nouvelle. Isshin, quant à lui, faisait des efforts pour ne pas laisser échapper son trouble. Ichigo prit sa décision : il irait voir son grand-père le lendemain. Le dîner se passa dans le calme. Le roux quitta la table juste après le repas, prétextant finir ses derniers devoirs.
Ichigo claqua la porte de sa chambre et s'installa sur son lit, pensif. Comment un lycéen pouvait-il aider ses parents dans une telle situation ? Perdre leur maison, tout ça parce qu’un mauvais timing survenait entre le remboursement d'un prêt et l'arrivée de l'héritage ?
°°0°0°°
Ichigo longea les grands murs bordant la propriété de son grand-père. Une fois à la porte, le garde reconnut le jeune homme et lui ouvrit un battant du grand portail. Le jeune homme remonta une allée arborée pour voir enfin apparaître le château de son grand-père. Le majordome salua Ichigo, qui demanda où se trouvait le vieil homme.
— Dans le salon…
— Merci, Sasabike…
Ichigo traversa la maison au pas de charge et entra en frappant discrètement quelques coups à la porte. Le roux pénétra dans la pièce et se dirigea vers sa grand-mère pour l’embrasser. Cette dernière laissa échapper quelques exclamations ravies.
Ensuite, l’orangé fit face au vieil homme, qui n’ouvrait pas les yeux. Ils se saluèrent brièvement et, après avoir échangé quelques banalités, Ichigo attaqua ce qui lui tenait à cœur.
— Yama-jii, j’ai besoin de te parler…
— Au sujet de ton père, je présume ?
— Oui !
— Hors de question !
— Mais tu ne sais pas…
— J’ai dit non à ton père, et c’est indigne d’envoyer son fils pour ce genre de problème. Tu me diras, ça ressemble bien au clan Kurosaki-Shiiba !
— Je t’interdis de dire cela… Papa ne m’a pas envoyé ici. Je suis venu de ma propre initiative, rétorqua le roux agressif.
Ichigo serra convulsivement son poing et défia son grand-père du regard. Sa grand-mère voulut intervenir, mais Yamamoto leva une main dans sa direction. Il répondit calmement :
— C’est facile pour toi… du haut de ta position, de refuser ton aide à ta famille. D’autant qu’il ne s’agit que d’une aide sur une courte durée. Mon père n’est pas un voleur ni un brigand… Et il fait partie également d’une famille noble !
— Tu ne sais pas de quoi tu parles… jeune homme ! Isshin n’a jamais été le bienvenu ici et ne le sera jamais !
— Grand-père ! s’emporta le roux. Au pire, il ne s’agit que d’un mois ou deux !
— Ou trois ou quatre…
— Et alors ? Ce n’est pas comme s’il t’empruntait sur plusieurs années !
— Hors de question ! Même ta mère n’est pas venue me voir en connaissant ma position.
Le ton était inflexible… Ichigo se sentit accablé.
— J’avais peut-être plus de foi en toi qu’elle !
— Tss ! Sottise !
— Je ne resterai pas les bras croisés… gronda Ichigo, furieux.
Le jeune homme quitta brutalement la maison, sous les appels désespérés de sa grand-mère. Il était sûr que cette dernière ferait passer un sale quart d’heure à son grand-père. Le cœur d’Ichigo battait très vite dans sa cage thoracique. Qu’allait-il pouvoir faire ? Il soupira d’exaspération.
°°0°0°°
Ichigo ne suivait pas vraiment les cours depuis deux jours. Il reçut plusieurs avertissements, mais il n’en avait cure. Demain était le dernier jour ! Le roux, à la pause déjeuner, monta sur le toit du lycée et observa les élèves qui déambulaient tranquillement dans la cour. Ses doigts serraient le grillage et ses jointures pâlirent.
— Tu as un problème, Ichigo ?
Le roux sursauta en entendant la voix soucieuse de Kiego. Il se tourna à demi et observa le brun avec un air abattu.
— Rien… ce n’est rien !
— Si tu ne peux pas te confier à tes amis, dont je fais partie… à qui pourrais-tu te confier ? Allez, viens, on va discuter !
— Non, tu ne peux rien pour moi…
— Avant de mettre la charrue avant les bœufs, parles-en, on ne sait jamais ! Après tout, qu’est-ce que tu risques ? À part peut-être que je risque d’éclater de rire si tu t’es fait jeter par une fille… comme moi, je le suis régulièrement, et puis…
— La ferme ! Ce n’est pas une fille !
— Ouf ! Tant mieux… j’avais peur de passer pour un con en n’ayant pas encore eu de déclara…
Kiego rougit violemment et s’écria :
— Oublie ce que je viens de dire !
— Crétin ! Si tu as un filon pour me permettre d’avoir cinquante millions de yens, je prends !
Le brun haussa les sourcils, surpris.
— Ta famille n’est pas noble et n’a pas de fric ?
— Si ! Mais là… avec l’histoire des experts et des avocats pour l’héritage, et le remboursement d’un prêt qui doit se faire plus rapidement que prévu, et les investissements de papa… bref, si ça continue comme ça, demain je risque de finir à la rue !
— Merde ! C’est sérieux…
Les deux adolescents discutèrent de la situation de l’orangé et Kiego se gratta le front, pensif. Il hésitait à parler, mais finalement annonça :
— J’ai peut-être une solution… Mais ce n’est pas trop légal…
— Dis toujours !
— Y a un prêteur sur gage qui se trouve dans le centre de Karakura. Normalement, il est là toutes les fins d’après-midi. Il s’appelle Gin Ichimaru. Tu devrais le trouver dans un bureau… En fait, je vais te filer un plan et je t’écris son adresse, ça sera plus simple.
Les deux adolescents retournèrent dans la salle de classe et Kiego écrivit rapidement le nom et l’adresse de l’homme. Il fit un plan succinct et donna quelques recommandations au roux.
— Y a pas de risque ? Et puis, c’est une grosse somme ? fit remarquer Ichigo, qui avait le cœur battant sourdement.
— En fait, j’ai été le voir, car j’avais aussi des soucis d’argent. Enfin bref, je lui ai demandé et il m’a fourni les fonds. La seule chose, c’est rembourse en temps et en heure, car les intérêts grimpent vite !
— Ok !
Ichigo regarda dubitatif la feuille que Kiego lui présentait. Il finit par récupérer le papier et retourna à sa place. Il observa longuement, durant les cours, ce bout de papier griffonné. Finalement, à la fin des cours, Ichigo rentra chez lui. L’orangé sortit le feuillet et le posa sur son bureau. Il se changea et s’habilla rapidement d’un pantalon et d’une chemise, dont il laissa le col ouvert. Le roux songea qu’une tenue un peu plus mature l’aiderait, plutôt que ces T-shirts et jeans.
Il croisa sa mère, qui fut surprise par son accoutrement.
— Tu as un rendez-vous ?
— Oui !
— Avec une jeune fille ?
Ichigo haussa un sourcil et sa mère lui fit un clin d’œil, avant de lui dire :
— Dépêche-toi alors… n’arrive pas en retard ! Et surtout, évite ton père… sinon, il va te surcharger de conseils qui ne seront pas forcément les meilleurs !
Masaki rit doucement en se souvenant des techniques de drague d’Isshin. Le roux adressa un petit sourire à sa mère, qu’il espérait convaincant. Ichigo se dirigea rapidement vers la sortie et se rendit au centre-ville. Il marcha rapidement jusqu’au lieu indiqué et, lorsqu’il se trouva en face de la boulangerie, il s’arrêta et observa longuement la façade. Après quelques tergiversations avec lui-même, il inspira une grande goulée d’air et entra dans la boutique. Il attendit patiemment son tour et donna le mot de passe que Kiego lui avait donné. Il se sentait vraiment con et se demandait si le commerçant n’allait pas l’envoyer promener ! Au lieu de cela, un sourire vint éclairer le visage de ce dernier, qui l’invita à le suivre. Les autres clients étant pris en charge par d’autres serveurs.
— Vous êtes envoyé par qui ? demanda doucement le blond.
— C’est… c’est un ami qui… qui m’a donné l’adresse.
Ichigo était écarlate et cela jurait avec ses cheveux. Le blond rit doucement et une lueur moqueuse s’alluma dans son regard.
— Suivez-moi…
La réplique tomba comme un claquement qui ne souffrait aucune discussion.
Le roux ouvrit les yeux brutalement et les posa sur Ichimaru, stupéfait et interloqué.
— Mais… mais…
— Vous avez le choix ! Soit vous acceptez l’argent et vous sortez votre père de l’embarras, et il pourra en toute tranquillité recouvrer son héritage et ne pas vendre vos biens… Ce qui vous coûtera, au pire, votre virginité, si elle est encore là…
Ichigo piqua un fard et foudroya le plus vieux du regard.
— Et je ne vous demanderai aucun intérêt… Tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir possédé un noble encore vierge de la plus haute lignée du Japon ! Mais c’est dans le pire des cas, après tout ! Et… si vous souhaitez vous dérober à cette obligation, sachez que je pourrais vous le faire amèrement regretter, à vous… mais aussi à votre famille ! Mais je pense qu’un noble n’a qu’une seule parole ?
Un sourire torve accompagna ses dernières paroles.
L’orangé tremblait sous l’émotion qui l’étreignait. Ses neurones fonctionnaient rapidement et son cœur battait à tout rompre.
— J’ai besoin de réfléchir !
— Comme vous le voulez, mais vous n’avez plus beaucoup de temps, et moi non plus… Les bureaux bancaires vont bientôt fermer !
Ichigo se sentait coincé. Il n’avait pas beaucoup d’options et, finalement, il releva la tête et murmura :
— J’accepte…
— Magnifique ! s’exclama l’albinos.
Ichimaru prit son téléphone, joignit sa secrétaire et lui donna des instructions. Les yeux bleus ne cessaient de parcourir le corps d’Ichigo, qui sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale. Puis, se tournant vers le roux, il déclara :
— Demain matin, je vous donnerai le chèque. Je vais faire établir un « contrat » entre nous, avec le détail de toutes les conditions qui nous lient. Lorsque vous l’aurez signé, je vous remettrai le chèque de banque.
— À quelle heure ?
— Vers 11 heures du matin. Je devrai avoir tout le chèque et le contrat !
— Bien…
Ichigo se leva et jeta un dernier regard à l’albinos, puis quitta la pièce. Avant qu’il ne referme la porte, la voix d’Ichimaru retentit :
— N’oubliez pas, Kurosaki-sama… Si vous ne respectez pas vos engagements et votre parole, je pourrai vous le faire regretter amèrement !
— Je n’ai pas besoin de ce rappel.
Le roux ferma la porte dans un claquement et disparut rapidement des lieux. Lorsqu’il rentra chez lui, il salua brièvement sa famille et s’enferma dans sa chambre. Ses pensées allaient à cent à l’heure. Personne ne mangea vraiment ce soir-là et c’est avec soulagement qu’Ichigo regagna sa pièce. La seule chose qui résonnait dans sa tête était : l’amant de ce type ! Comment avait-il pu accepter un tel marché ?
Ses pensées dérivèrent vers sa famille, les investissements de son père, sa mère… son grand-père… ses sœurs… Ichimaru… Son cœur se mit à battre furieusement. Ichigo eut beaucoup de mal à s’endormir ce soir-là. Pourtant, sa détermination ne flancha pas.
Le lendemain, il quitta la maison un peu plus tard que le reste de la famille. Une fois que ces derniers furent partis, il se changea et quitta son domicile pour se diriger vers le commerce d’Ichimaru. Sa démarche n’était pas rapide, ses pas ralentissaient au fur et à mesure qu’il approchait de la boulangerie.
Une fois devant la porte, il poussa le battant et entra. Le serveur blond le vit, lui adressa un sourire et lui montra l’arrière-boutique où se trouvait l’escalier. Ichigo se dirigea vers les marches et, lorsqu’il les monta, eut l’impression de monter à l’échafaud. Pourtant, c’était lui seul qui s’était fourré dans cette situation délicate. Son cœur cognait tellement fort qu’Ichigo crut que ce dernier allait sortir de sa cage thoracique. Ses mains étaient moites et tremblaient lorsqu’il les posa sur le battant. Il respira à plusieurs reprises et frappa doucement. La voix reconnaissable d’Ichimaru résonna.
Lorsqu’il ouvrit la porte, il vit l’homme confortablement installé au fond de son siège. Une jambe repliée sur son genou, un coude posé sur l’accoudoir et la tête penchée, maintenue par trois doigts. Le fin sourire qui éclairait son visage rendit Ichigo très nerveux. Le roux fronça les sourcils, s’avança d’un pas déterminé et se planta devant le bureau.
— Je vous admire, Kurosaki-sama… Je ne pensais pas vous revoir ce matin !
Ichigo déglutit mais envoya un regard de défi. Gin laissa échapper un léger rire. Il désigna un siège à l’orangé, qui s’installa sur le bord du fauteuil, attendant sa « sentence ». Ichimaru s’amusait beaucoup, mais ne le montrait pas. Inutile d’effrayer le jeune homme plus qu’il ne l’était déjà. L’albinos sortit alors d’un tiroir de son bureau un dossier. Il se pencha légèrement et le posa devant Ichigo. Il resta silencieux, laissant au jeune homme le temps de prendre conscience de toute l’ampleur de son geste. Le roux haussa un sourcil interrogateur.
L’adolescent prit le dossier entre ses mains. Il resta un moment immobile et, finalement, l’ouvrit. Son cœur accéléra. Il vit alors un chèque d’un montant de cinquante millions de yens en haut du contrat. Ichigo souleva les pages et lut les modalités de ce dernier. Un frisson d’angoisse le prit. Le jeune homme avait la sensation que sa tête voulait l’entraîner loin de ce lieu et, de l’autre, ses jambes étaient tétanisées.
Ichigo leva la tête et croisa les yeux bleus, froids. Tout sourire avait disparu du visage de l’homme en face de lui. Le roux se sentait écrasé par toute la prestance et l’assurance de cet homme, mais surtout par sa froideur. Ses airs faussement amusés l’avaient quitté et une impression inquiétante le saisit. Le roux murmura :
— Je dois signer à quel endroit ?
Un sourire s’afficha à nouveau sur la bouche sensuelle de l’albinos, qui sortit son crayon et le tendit au jeune homme.
— Vos initiales à toutes les pages dans le coin à droite, et votre signature et la date sur le dernier feuillet. À savoir que votre remboursement devra être effectué dans un mois, avant midi !
— Bien…
Ichigo parapha toutes les pages et, à sa grande surprise, ne trembla pas au moment où il signa en bas du contrat.
— Voilà ! Nous sommes liés à présent !
La voix doucereuse faisait vibrer les fibres du corps de l’adolescent comme s’il s’était agi des cordes d’un archet trop tendu. Le roux ne put s’empêcher de prononcer :
— J’ai la nette impression que vous aimeriez que je n’arrive pas à vous rembourser cette somme…
Gin éclata d’un rire franc, comme si Ichigo avait prononcé la blague la plus drôle de l’année. Puis, reprenant son sang-froid, déclara nettement :
— Sachez que vous me plaisez… et même beaucoup ! S’il s’était agi d’une autre personne, je ne vous aurais même pas écouté. Oui, je vous avoue… j’aimerais que vous ne puissiez pas me rembourser immédiatement !
Ichigo sentit un frisson d’angoisse le traverser.
— Vous allez empêcher les… le… de donner…
Le ton du jeune homme était angoissé.
Gin claqua sa langue contre son palais et murmura mielleusement :
— Ne me donnez pas plus de pouvoir que je n’en ai ! Prenez votre chèque et disparaissez. Je vous donne rendez-vous dans un mois… Kurosaki-sama.
Ichigo, qui avait toujours le dossier sur ses genoux, scruta le chèque comme si ce dernier allait le mordre. Finalement, il le saisit. Le roux referma le dossier d’un coup sec. Il empocha le chèque, se leva, salua poliment l’albinos et quitta la pièce. L’adolescent avait l’impression de laisser une part de lui dans cet endroit.
°°0°0°°
Le roux était très nerveux en se levant ce matin-là. Il n’avait presque pas dormi de la nuit. Ses pensées avaient couru sans cesse. Il se souvenait comment les créanciers avaient pris le chèque sans que son père puisse le voir. Le soulagement de sa mère et les questions d’Isshin auxquelles il avait dû répondre. Ichigo avait menti en prétendant que son grand-père avait plié et lui avait fait le chèque à la dernière minute.
Isshin avait eu l’air de douter, mais la mère d’Ichigo avait paru ravie et avait gentiment disputé son mari en lui disant qu’il ne devrait plus douter à présent de son père. Le père du roux semblait sceptique, mais n’avait pas posé plus de questions au final. Et là, aujourd’hui, il devait rembourser l’albinos et… il n’avait rien !
L’angoisse étreignait tellement Ichigo qu’il fut incapable de manger. Il était pâle et avait une tête à faire peur. Sa mère et son père s’inquiétèrent, mais Ichigo donna pour excuse une mauvaise nuit. Ce qui était vrai, somme toute. Il ne dormait plus vraiment depuis qu’il avait signé ce contrat et, là… un blanc s’installa dans la tête de l’orangé.
Il attendit que ses parents sortent, se changea et s’habilla d’un pantalon, d’une chemise et d’une veste. Le froncement de sourcils qui s’était installé depuis quelque temps barrait son visage. Pourtant, il ne fléchit pas… il assumerait !
Ichigo se dirigea d’un pas décidé vers la boutique d’Ichimaru et monta sans qu’on lui indique la direction, le blond le regardant simplement, surpris. L’orangé refusa de réfléchir plus avant. Il frappa discrètement à la porte et la voix qu’il ne connaissait que trop bien lui signifia d’entrer.
Le roux entra d’un pas décidé. Il referma la porte, repoussa ses pensées les plus folles et, d’un pas volontaire, marcha jusqu’au bureau de Gin, baissant les yeux vers lui. Un silence s’installa et Gin finit par murmurer :
— Alors ?
Ichigo ne répondit pas, incapable d’articuler quoi que ce soit. Un lent sourire se forma sur le visage de l’albinos. Un frisson d’angoisse étreignit le roux. Ichimaru se leva lentement de son bureau et en fit le tour sans précipitation. Il s’arrêta devant lui. Les deux hommes se firent face. Gin ouvrit les yeux et son regard azur se posa sur le jeune homme. Sa main monta lentement vers le visage de l’orangé. Son index caressa le bord de la mâchoire du plus jeune, qui se crispa mais soutint le regard de l’albinos.
— Le lapin s’est fait capturer…
La voix de Gin n’était qu’un murmure… et pourtant, pour Ichigo, ses paroles résonnèrent comme un hurlement.